Préparation à l’école

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Préparation à l’école

La préparation à l’école est un aspect fondamental de la persévérance scolaire, qui aura des répercussions tout au long du parcours du jeune.

Ultimement, elle aura une incidence considérable sur la réussite scolaire de l’élève.

C’est donc motivé par l’importance d’agir tôt et de manière concertée auprès des tout-petits que Réseau réussite Montréal s’intéresse particulièrement à cet enjeu en s’associant à plusieurs initiatives visant le développement global des enfants montréalais.

*Dernière mise à jour : 16 novembre 2016

Préparation à l’école | Développement de l’enfant | Incidence sur la réussite scolaire |
Caractéristiques des enfants vulnérables | Quelques particularités montréalaises | Pistes d’action

 

La préparation à l’école

La préparation à l’école concerne le développement de l’enfant de 0 à 5 ans dans les différents domaines avant son entrée à l’école et l’accumulation d’expériences. Cette préparation permettra ainsi à l’enfant d’être mieux outillé pour faire face aux défis qui l’attendent et de profiter pleinement des apprentissages scolaires.

La préparation à l’école permet à l’enfant :

  •  « d’avoir vécu des succès dans ses apprentissages, pour avoir confiance en ses compétences;
  • d’apprendre à persévérer devant des difficultés pour être en mesure de faire face aux défis que pose tout apprentissage;
  • de savoir entrer en contact avec les autres pour pouvoir se faire des amis et s’adapter facilement dans un nouveau milieu;
  • de connaître les comportements socialement acceptables pour exprimer ses émotions;
  • de savoir s’arrêter pour écouter et mémoriser les consignes qu’il est appelé à appliquer par la suite;
  • d’interagir avec les livres et de s’intéresser à l’écriture parce qu’il est en contact quotidiennement avec l’écrit, en comprend l’utilité et en connaît le plaisir;
  • de jouer avec les nombres et les concepts;
  • d’avoir développé, dans ses jeux et ses activités de tous les jours, les habiletés, les attitudes et les comportements qui faciliteront son adaptation au monde scolaire;
  • etc.[1] »

 

Développement de l’enfant

En 2012, l’EQDEM (Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle) a utilisé l’Instrument de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE) afin de mesurer le niveau de développement des enfants de la maternelle 5 ans à temps plein des secteurs public et privé. À noter qu’il ne s’agit pas d’un outil diagnostic ou de dépistage, mais qu’il permet de comparer les forces et les faiblesses de groupes d’enfants entre eux[2].

Les résultats de cette enquête ont permis de faire le point sur le développement global des enfants de maternelle du Québec ainsi que sur leurs vulnérabilités.

Le développement de l’enfant est mesuré dans cinq domaines :

  • Santé physique et bien-être
  • Compétences sociales
  • Maturité affective
  • Développement cognitif et langagier
  • Habiletés de communication et connaissances générales

Un enfant est dit vulnérable si son score est égal ou inférieur au 10e percentile de la distribution de l’ensemble des enfants québécois pour un domaine.

 

Incidence sur la réussite scolaire

Le lien entre le niveau développement d’un enfant et la réussite scolaire de ce dernier est bien documenté.

  • 46 % des enfants de la maternelle vulnérables dans au moins un domaine de développement obtiennent des résultats scolaires inférieurs à la moyenne en 4e année du primaire. En comparaison, seulement 14 % des élèves non vulnérables montrent des résultats similaires[3].
  • Les enfants présentant une vulnérabilité à la maternelle sont plus susceptibles d’échouer à l’épreuve ministérielle de français en 6e année[4].

Ces constats prennent toute leur importance lorsque l’on considère qu’un rendement scolaire faible, notamment en lecture, en écriture et en mathématiques, est associé à une forte probabilité de décrocher au secondaire[5].

 

Caractéristiques des enfants vulnérables

Il importe de souligner qu’un enfant vulnérable n’est pas prédestiné à l’échec, mais qu’il est moins bien outillé pour réaliser certains apprentissages et profiter de ce que l’école peut offrir.

À ce sujet, Une école montréalaise pour tous souligne également que la vulnérabilité est ici évaluée selon les attentes du milieu scolaire. C’est donc qu’un élève dit vulnérable possède un bagage d’expériences qui diffère de celui attendu par l’école.

Les études révèlent certains contextes communs à une forte proportion d’enfants vulnérables[6] :

  • Faible revenu familial
  • Faible niveau de scolarité de la mère
  • Famille monoparentale
  • Famille de 4 enfants ou plus (3 frères ou sœurs ou plus)
  • Plurilinguisme (apprentissage d’une autre langue que la langue d’enseignement)
  • Défavorisation socioéconomique du quartier ou de l’école
  • Faible niveau de cohésion du quartier de résidence (les parents reçoivent moins de soutien de leur entourage)

 

Quelques particularités montréalaises

À Montréal, les données les plus récentes laissent entrevoir quelques particularités quant à la vulnérabilité des enfants de la maternelle :

>> Montréal se distingue du reste du Québec avec une proportion plus importante d’enfants qui, au moment de leur entrée à l’école, présentent une vulnérabilité dans au moins un domaine de développement[7].

Proportion d’enfants de maternelle vulnérables par domaine de développementCLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR AGRANDIR LE GRAPHIQUE.
Source : Direction de santé publique, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Portrait montréalais du développement des enfants à la maternelle : L’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM, 2012), 2012

>> Des disparités sont observées entre les enfants montréalais et ceux du reste du Québec par rapport à trois domaines du développement : habiletés de communication et connaissances générales; santé physique ainsi que bien-être et compétences sociales[8].

>> Les garçons vulnérables sont proportionnellement plus nombreux que les filles dans les cinq domaines ainsi que dans la mesure globale de développement[9].

Proportion d’enfants de maternelle vulnérables par domaine de développement selon le sexeCLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR AGRANDIR LE GRAPHIQUE.
Source : Direction de santé publique, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Portrait montréalais du développement des enfants à la maternelle : L’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM, 2012), 2012

>> Les enfants des milieux très défavorisés matériellement sont plus nombreux en proportion à présenter un niveau de vulnérabilité dans les cinq domaines de développement et dans au moins un domaine que ceux des milieux très favorisés[10].

Proportion d’enfants de maternelle vulnérables par domaine de développement selon le degré de défavorisation matérielleCLIQUEZ SUR L’IMAGE POUR AGRANDIR LE GRAPHIQUE.
Source : Direction de santé publique, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Portrait montréalais du développement des enfants à la maternelle : L’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM, 2012), 2012

Bien que l’EQDEM fasse suite à l’Enquête sur la maturité scolaire des enfants montréalais  menée en 2006, il est impossible de comparer les deux études en raison de différences méthodologiques importantes. Toutefois, certains calculs permettent d’établir une diminution de la proportion d’enfants vulnérables dans au moins un domaine de développement dans les écoles publiques, le taux passant de 32,5 % en 2006 à 30,4 % en 2012[11].

Le ministère de la Santé et des Services sociaux, en collaboration avec l’Institut de la statistique du Québec, projette de reprendre l’enquête sur le développement des enfants à la maternelle dans quelques années. Il sera ainsi possible de suivre l’évolution de la situation.

En ce qui a trait à la transition de la maison vers l’école, la situation à Montréal comporte aussi des défis particuliers en raison de :

  • La multiplicité des acteurs s’intéressant à la question et dont l’effort concerté est essentiel :
    • Les 5 commissions scolaires
    • Les écoles primaires
    • Les centres de la petite enfance
    • Les différents types de services de garde
    • Les organismes communautaires
    • Les organismes institutionnels
    • Les autres partenaires à l’enfance
    • Les diverses instances de concertation locales (tables de quartier, tables de la petite enfance, tables jeunesse, etc.)
    • Les parents
  • La forte concentration de familles isolées, qui accèdent plus difficilement aux services dont elles ont besoin.

 

Pistes d’action

  • Agir tôt et de manière concertée
    La diminution de la proportion d’enfants vulnérables dans au moins un domaine de développement au cours des dernières années confirme l’importance de poursuivre l’action concertée pour intervenir tôt auprès des enfants de 0 à 5 ans.

    • À cet effet, Réseau réussite Montréal est membre d’Horizon 0-5, l’instance montréalaise de concertation en petite enfance.
  • Favoriser l’éveil à la lecture et à l’écriture
    L’intégration quotidienne d’activités d’éveil à la lecture et à l’écriture (ÉLÉ) permet à l’enfant d’acquérir des compétences cruciales à sa réussite scolaire.

    • En ce sens, RRM collabore au maintien d’une communauté de pratiques favorisant les échanges entre les comités locaux ÉLÉ.
  • Faciliter la transition vers l’école
    La transition vers l’école est reconnue comme un enjeu primordial pour le développement global de l’enfant ainsi que la persévérance et la réussite scolaires des jeunes.

    • Réseau réussite Montréal participe actuellement au chantier Transition vers l’école mis sur pied par Horizon 0-5 et réunissant divers partenaires régionaux.

Réseau réussite Montréal soutient également des initiatives en petite enfance dans les quartiers ciblés.

 

Notes

1. MINISTÈRE DE LA FAMILLE (avec la collaboration du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport et du ministère de la Santé et des Services sociaux), Favoriser le développement global des jeunes enfants au Québec : une vision partagée pour des interventions concertées, 2014.

2. DIRECTION DE SANTÉ PUBLIQUE, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Portait montréalais du développement des enfants à la maternelle : Résultats de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle, 2012.

3. INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC, La trousse SYNEL sur la réussite éducative, 2014. (Fiche 1 : La préparation à l’école)

4. INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC, Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle 2012 – Portrait statistique pour le Québec et ses régions administratives, 2013.

5. RÉUNIR RÉUSSIR, Pour agir efficacement sur les déterminants de la persévérance scolaire et de la réussite éducative, fiches pratiques, 2013.
(Fiche 9 : Rendement scolaire en lecture, écriture et mathématiques)

6. Ces éléments sont tirés des sources suivantes :

  • INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC, « Caractéristiques démographiques, socioéconomiques et résidentielles des enfants vulnérables à l’entrée à l’école », Portraits et trajectoires, numéro 14, mai 2012.
  • INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC, La trousse SYNEL sur la réussite éducative, 2014. (Fiche 1 : La préparation à l’école)
  • INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC, Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle 2012- Portrait statistique pour le Québec et ses régions administratives, 2013.

7-8-9-10. DIRECTION DE SANTÉ PUBLIQUE, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Portait montréalais du développement des enfants à la maternelle : Résultats de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle, 2012.

11. DIRECTION DE SANTÉ PUBLIQUE, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Portait montréalais du développement des enfants à la maternelle : Résultats de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle, 2012.

Documentation

Quelques données essentielles en persévérance scolaire

  • 78,1 %

    des élèves montréalais obtiennent un premier diplôme.

    Une amélioration de 10,4 % depuis 2009.

  • 18,1 %

    des jeunes montréalais décrochent avant d’avoir obtenu un premier diplôme.

    Une amélioration de 6,5 % depuis 2009.

  • 25 %

    des décrocheurs québécois sont à Montréal.

    Cela représente 2 164 jeunes montréalais qui ont quitté l’école sans diplôme en 2014.

  • 28,9 %

    des enfants de la maternelle à Montréal sont vulnérables dans au moins un domaine de développement.

    Il s’agit d’une proportion supérieure à la moyenne québécoise de 25,6 %.

  • Près de
    84%

    des élèves québécois du primaire qui vivent dans les pires conditions de défavorisation habitent à Montréal.

    En moyenne, 25 245 familles montréalaises avec enfant de moins de 18 ans habitent une zone de défavorisation importante.

Cible ministérielle de diplomation pour 2020

77 %

Cible pour la région de Montréal, avant l’âge de 20 ans