Contexte montréalais

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Contexte montréalais

La région de Montréal présente plusieurs particularités qui la distinguent de l’ensemble du Québec et qui influent sur l’action en persévérance scolaire.

*Dernière mise à jour : 27 septembre 2017

Spécificités montréalaises :

Chacun de ces éléments a une incidence particulière sur la façon dont la persévérance scolaire se travaille à Montréal. C’est donc dans le but d’en favoriser une compréhension commune que Réseau réussite Montréal a rassemblé ici davantage d’information sur les spécificités montréalaises en matière de persévérance scolaire.

 

Taux important de décrochage scolaire

Les jeunes Montréalais décrochent davantage que ceux de l’ensemble de la province.

  • Taux de décrochage à Montréal : 18,1 %
  • Taux de décrochage dans l’ensemble du Québec : 17,8 %

Ainsi, bien que le taux de diplomation s’améliore depuis quelques années, la situation à Montréal demeure préoccupante.

En effet, les données montréalaises en persévérance scolaire montrent qu’il sera impossible d’atteindre l’objectif provincial de diplomation (fixé à 80 % en 2020) sans diminuer l’abandon scolaire à Montréal.

Il est donc nécessaire d’intensifier l’action et d’adapter les interventions aux besoins des élèves à risque de décrocher pour assurer la diplomation d’un plus grand nombre de jeunes.

 

Forte densité de population

Le nombre d’élèves habitant la région de Montréal fait en sorte que le taux de décrochage scolaire cache, en chiffres absolus, un nombre considérable de jeunes.

  • Montréal : un taux de décrochage scolaire de 18,1 % représente 2 164 jeunes
  • Ensemble du Québec : un taux de décrochage scolaire de 16,2 % représente 8 767 jeunes

C’est donc dire que 25 % des décrocheurs québécois sont à Montréal.

Cela représente un nombre important de jeunes qui nécessitent un appui particulier pour obtenir un premier diplôme.

Aperçu de la population et des effectifs scolaires

Population - MontréalSource : Statistique Canada, Recensement de la population de 2011

Source : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Direction des statistiques et de l’information décisionnelle, sphère informationnelle, système Gestion des données uniques des organismes, données au 30 juin 2013; ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Direction des statistiques et de l’information décisionnelle, portail informationnel, système Charlemagne, données au 23 janvier 2014

Présence considérable de défavorisation

Parmi tous les enjeux montréalais, la défavorisation est considérée comme le plus préoccupant en raison de son ampleur et de son incidence sur la réussite scolaire des jeunes.

Montréal compte :

  • Près de 84 % des élèves québécois du primaire vivant sous le seuil de faible revenu et dans les pires conditions de défavorisation.
  • La plus forte proportion de quartiers à faible revenu au Canada.
  • Plusieurs familles avec enfants de moins de 18 ans qui vivent en contexte de défavorisation socioéconomique élevée.

Considérant que les élèves issus des milieux défavorisés présentent de plus grands risques de difficultés et d’abandon scolaires, il importe de mobiliser toute la communauté autour de l’école pour briser le cycle des inégalités.

Les indicateurs associés à la défavorisation sont un outil essentiel pour guider l’action en persévérance scolaire. Ainsi, en raison de l’importance de cet enjeu, Réseau réussite Montréal a colligé davantage d’information sur la défavorisation et ses conséquences sur la persévérance scolaire.

 

Forte proportion d’élèves issus de l’immigration

La proportion d’élèves immigrants au sein des écoles montréalaises est en augmentation constante au cours des dernières années. De 45,5 % en 1998, elle atteint 63,1 % en 2016. Dans certains quartiers, les élèves issus de l’immigration peuvent représenter jusqu’à 74,6 % de la population scolaire.

Cette forte concentration de l’immigration dans la métropole fait donc du milieu scolaire montréalais le principal foyer d’intégration des nouveaux arrivants de diverses cultures.

Il s’agit d’un défi de taille et qui présente plusieurs enjeux ayant une incidence sur le cheminement scolaire des élèves. Il est donc essentiel de considérer ces enjeux dans la planification des actions de la communauté.

D’ailleurs, c’est en partie pour répondre aux besoins particuliers de ces jeunes que le calcul du taux de diplomation après 7 ans d’études (et non 5) prend toute son importance à Montréal, de façon à rendre compte du délai additionnel nécessaire à l’obtention de leur diplôme d’études secondaires.

Pour informer davantage sur ce sujet, Réseau réussite Montréal a produit un dossier thématique sur les jeunes issus de l’immigration.

 

Disparités locales importantes

Bien que la situation de certains quartiers puisse paraître peu préoccupante à première vue, un regard plus poussé révèle parfois des sous-territoires présentant des facteurs de risque susceptibles de nuire à la persévérance et à la réussite scolaires des jeunes.

C’est pourquoi Réseau réussite Montréal privilégie un modèle d’action adapté aux enjeux de chaque quartier, qui associe les réalités des milieux et les priorités des écoles pour répondre aux besoins des jeunes à risque.

Voici en exemple quelques cas de quartiers montréalais où il est important de porter un regard pointu sur les réalités locales pour bien cibler les interventions :

Un quartier bien nanti peut cacher une défavorisation importante

Il est donc essentiel de porter un regard pointu sur certaines données afin de cibler et de prioriser les zones d’intervention dans les quartiers pour rejoindre les populations plus vulnérables.

Ainsi, à Pierrefonds, seulement 4 % de la population vit dans des conditions matérielles et sociales des plus défavorables (comparativement à 16,3 % pour Montréal). Par contre, ce taux grimpe à respectivement 33 % et 18 % dans les secteurs de Sainte-Geneviève et de Cloverdale–À-Ma-Baie.

La densité de population fait en sorte qu’un pourcentage faible peut dissimuler un grand nombre de familles

C’est pourquoi il est pertinent de se concentrer sur certains nombres absolus plutôt que sur les pourcentages dans l’analyse de statistiques concernant la situation d’un quartier.

À titre d’exemple, plus de familles vivent sous le seuil de faible revenu à Saint-Léonard qu’à Hochelaga-Maisonneuve (2 175 contre 1 625), malgré des taux respectifs de 26 % et 37 %. Même si le phénomène est plus dilué dans le quartier Saint-Léonard, les familles dans le besoin sont très nombreuses et nécessitent un soutien considérable.

En plus de la densité de la population, il importe également de considérer les effets de la concentration et du milieu. Ainsi, la présence d’une forte concentration de personnes vivant les mêmes enjeux peut souvent accroître, et même perpétuer, le risque de vulnérabilité des individus. Par le fait même, l’effet de milieu influe sur le développement du jeune et réduit les modèles auxquels il peut se référer.

Les réalités différentes engendrent des enjeux différents

La condition socioéconomique n’est pas le seul facteur à considérer pour cibler le secteur où il est prioritaire d’intervenir. Par conséquent, les facteurs qui influent sur la persévérance scolaire des jeunes doivent être clairement déterminés pour adapter les interventions déployées.

Par exemple, la situation socioéconomique des familles de Pointe-aux-Trembles se positionne dans la moyenne montréalaise. Pourtant, le taux décrochage des élèves du secondaire du quartier atteint 18 %. En considérant d’autres facteurs, il est possible d’observer un faible niveau de diplomation chez les parents, alors qu’une mère sur sept ne possède aucun diplôme, certificat ou grade.

Ainsi, contrairement à certains autres quartiers où la défavorisation est le facteur de risque prépondérant, un des principaux enjeux dans Pointe-aux-Trembles touche davantage la valorisation de l’éducation.

La présence de disparités locales importantes justifie donc une approche et une intervention adaptée aux enjeux spécifiques du milieu. La volonté et la capacité d’agir de façon transversale doivent alors être réfléchies différemment, sans pour autant être négligées.

 

Les familles isolées

L’isolement de certaines familles est un enjeu de taille, car il compromet le développement du plein potentiel des enfants.

Les familles isolées sont les familles avec de jeunes enfants qui accèdent difficilement aux services dont elles ont besoin, pour des raisons soit culturelles, socioéconomiques ou liées à l’accessibilité.

Dans ce contexte, il est essentiel d’élaborer des stratégies particulières pour joindre ces familles, établir des liens et les inciter à davantage bénéficier des services ou des ressources disponibles pour, entre autres, favoriser :

  • Le développement global de l’enfant
  • La transition de la maison vers l’école
  • La persévérance et la réussite scolaires

Pour encourager l’échange de pratiques, l’organisme Horizon 0-5 collige les stratégies mises en œuvre sur l’île de Montréal pour joindre les familles isolées.

 

Nombre élevé d’interlocuteurs

Montréal rassemble une quantité considérable de partenaires œuvrant, de près ou de loin, à la persévérance scolaire des jeunes :

  • 5 commissions scolaires
  • 498 établissements scolaires publics
  • 20 établissements d’enseignement supérieur publics
  • Des centaines d’organismes communautaires
  • Des centaines d’organismes institutionnels
  • 30 instances de concertation locale
  • Des centaines de gens d’affaires
  • Des milliers de parents

Considérant la nature complexe de la persévérance scolaire, la mise en commun des expertises de tous ces acteurs est essentielle pour augmenter le taux de diplomation à Montréal.

Toutefois, la multiplicité des partenaires requiert un effort de coordination substantiel pour assurer une action concertée et spécifique aux besoins des enfants dans chaque communauté.

Quelques données essentielles en persévérance scolaire

  • 78,1 %

    des élèves montréalais obtiennent un premier diplôme.

    Une amélioration de 10,4 % depuis 2009.

  • 18,1 %

    des jeunes montréalais décrochent avant d’avoir obtenu un premier diplôme.

    Une amélioration de 6,5 % depuis 2009.

  • 25 %

    des décrocheurs québécois sont à Montréal.

    Cela représente 2 164 jeunes montréalais qui ont quitté l’école sans diplôme en 2014.

  • 28,9 %

    des enfants de la maternelle à Montréal sont vulnérables dans au moins un domaine de développement.

    Il s’agit d’une proportion supérieure à la moyenne québécoise de 25,6 %.

  • Près de
    84%

    des élèves québécois du primaire qui vivent dans les pires conditions de défavorisation habitent à Montréal.

    En moyenne, 25 245 familles montréalaises avec enfant de moins de 18 ans habitent une zone de défavorisation importante.

Cible ministérielle de diplomation pour 2020

77 %

Cible pour la région de Montréal, avant l’âge de 20 ans