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Le plaisir de lire est une condition essentielle de la réussite éducative.
Les compétences en lecture et en écriture jouent un rôle fondamental dans la réussite scolaire des élèves, et c’est le plaisir de lire – l’intérêt pour la lecture et le goût de celle-ci, tant à l’école qu’en dehors de cette dernière – qui aura la plus grande incidence sur le développement de ces compétences.
Publication : 20 novembre 2018 (sous le titre Lecture et persévérance scolaire)
Dernière mise à jour : 23 avril 2026
Dans ce dossier :
Définition et fondements | Plaisir de lire et réussite éducative | Caractéristiques : lecteur·trices et jeunes peu motivés à lire | Facteurs motivationnels de la lecture | L’importance des modèles | Une responsabilité partagée | Que lisent les jeunes ? | Pistes d’action | Outils et documentation | Remerciement | Notes | Bibliographie
- Les élèves qui aiment lire ont de meilleurs résultats que ceux qui n’aiment pas lire.
- Lire par intérêt et par goût a encore plus d’incidence sur la compréhension de l’écrit que le temps consacré à la lecture.
- Le plaisir de lire décline à mesure que les jeunes avancent dans leur scolarité.
LIRE POUR LE PLAISIR… QUE VEUT-ON DIRE ?
Lire pour le plaisir renvoie à une lecture volontaire d’un texte choisi par la lectrice ou le lecteur et traitant d’un sujet qui l’intéresse.
Il importe de souligner qu’il n’est pas seulement ici question de la lecture de livres, mais de la lecture sous toutes ses formes et sur différents supports, c’est-à-dire des magazines, des blogues, des paroles de chansons, des courriels, des bandes dessinées, des affiches, etc.
Lire pour le plaisir, ça veut dire…
- Être libre de lire ce qu’on veut en fonction de ses goûts, de ses champs d’intérêt, de son niveau d’habileté
- Lire sans jugement des autres sur ce qu’on lit
- Lire sans crainte d’être évalué·e, comparé·e, étiqueté·e
- Lire sur toutes sortes de supports
- Lire dans sa langue maternelle
- Et, aussi, avoir le droit de se faire lire une histoire à n’importe quel âge
Mentionnons également que certains écrits utilisent les notions de compétence et d’appétence pour désigner les habiletés de lecture et la motivation à lire pour le plaisir.
POURQUOI EST-CE SI IMPORTANT ?
Si la pratique de la lecture est un facteur essentiel à la réussite éducative, le plaisir de lire est l’élément qui déterminera toute la portée de ce facteur.
Ainsi, plusieurs études soutiennent que les élèves ayant une attitude positive envers la lecture réussissent mieux à l’école, toutes matières confondues, en plus de bénéficier de retombées positives sur le plan de leur développement et de leur santé mentale.
Par ailleurs, les élèves à risque de décrochage et ayant des problèmes de discipline lisent moins souvent pour le plaisir que leurs pairs sans problème de discipline.
Il est estimé que lire pour le plaisir trois heures par semaine augmente :
- La motivation
- Le sentiment de compétence
- Le rendement scolaire en langue et en mathématiques
Cela dit, le degré de plaisir éprouvé à lire est plus fortement associé à de bons résultats en lecture que le temps passé à lire pour le plaisir, ce qui « confirme que la priorité doit rester d’encourager les élèves à lire par plaisir au quotidien, le temps qu’ils consacrent à la lecture étant moins déterminant1. »
De plus, à temps de lecture égal, le fait de lire des livres papier (ou autant sur papier que sur support numérique) serait aussi associé à un plaisir de lire plus élevé.
Finalement, les enfants qui développent tôt le plaisir de lire présentent de meilleures performances cognitives et moins de difficultés de santé mentale à l’adolescence. De plus, lire pour le plaisir est largement reconnu pour stimuler la réflexion et la créativité, favoriser l’empathie et l’ouverture à de nouvelles perspectives, de même que pour réduire le stress.
L’effet domino du plaisir de lire

Plus précisément, le plaisir de lire mène à la pratique régulière de la lecture qui, elle :
- Permet de développer une reconnaissance visuelle rapide des mots, une fluidité et une aisance qui habilitent le lecteur à se concentrer sur la construction du sens plutôt que sur la mécanique du déchiffrage.
- Augmente la capacité de concentration et d’attention, la mémoire visuelle (l’orthographe), le nombre de mots de vocabulaire, la capacité à reconnaitre, par leur observation répétée, des règles de syntaxe et de grammaire.
- Contribue au développement et au maintien des habitudes en lecture, lesquelles, par le fait même, conditionnent ou prédisposent les individus à lire davantage et régulièrement.
« Le fait d’être aux études, donc en situation permanente de lecture, ne garantit pas automatiquement l’implantation d’habitudes de lecture, pas plus qu’il ne développe le goût de lire, constat qui confirme que lire sans plaisir est voué, à moyen ou long terme, à l’échec. »
— Hélène Vachon, romancière(2)
LES LECTEUR·TRICES ET LES JEUNES PEU MOTIVÉS À LIRE – QUELQUES CARACTÉRISTIQUES
Qu’est-ce qu’un lecteur ou une lectrice ?

De façon générale, un lecteur ou une lectrice :
- A développé une motivation autodéterminée à lire
- Lit régulièrement par choix, en dehors des obligations scolaires ou professionnelles
- Aime découvrir de nouvelles lectures
- Prend part à différentes activités associées à la lecture
Qui sont les jeunes peu motivés à lire ?
Des jeunes peuvent posséder tous les outils pour s’adonner à la lecture, mais choisir de ne pas s’engager dans cette pratique. Ils risquent par conséquent de présenter des compétences en lecture plus limitées.
Ces jeunes :
- Lisent pour l’école ou le travail (par motivation contrôlée ou extrinsèque) et ont peu ou pas d’intérêt pour la lecture à l’extérieur de ce cadre
- Risquent davantage d’associer les activités de lecture au seul contexte scolaire
- Fréquentent peu les bibliothèques, les librairies et les lieux/événements culturels de manière générale
Pour connaitre les facteurs communs à une forte proportion de lecteurs peu engagés, consultez notre dossier sur la littératie.
LES FACTEURS QUI DÉTERMINENT LA MOTIVATION À LIRE CHEZ LES JEUNES
L’intérêt | La valeur accordée à la lecture | L’autonomie | Le sentiment de compétence | L’appartenance sociale
Les jeunes qui s’engagent dans des activités de lecture le font parce qu’ils retirent des bénéfices personnels de ces activités : accéder à de nouvelles informations, découvrir de nouvelles réalités, vivre des émotions, etc. On parle ainsi d’une motivation autodéterminée.
C’est une motivation qui prend notamment sa source dans l’enfance, grâce à :
- Un accès à des écrits (livres, magazines, revues numériques, lettres, etc.)
- Un éveil à la lecture et à l’écriture3 dès le plus jeune âge
- Des pratiques quotidiennes d’activités de littératie
- Des possibilités d’interagir avec d’autres personnes autour de ses lectures
- Un environnement valorisant l’école ainsi que la lecture

Cet environnement contribuera à l’émergence de facteurs personnels essentiels à la pratique autodéterminée de la lecture.
L’intérêt
Manifester de l’intérêt pour les textes et les activités proposés autour de la lecture.
- Intérêt situationnel : attention momentanée suscitée par un texte ou une activité dans un contexte précis. Intérêt plus instable, pouvant se maintenir dans le temps ou non.
- Intérêt individuel : tendance durable à s’intéresser à certains contenus de lecture.
Lorsqu’il survient de façon répétée, l’intérêt situationnel peut se transformer en intérêt individuel et favoriser une motivation plus générale à lire.
Découvrez comment miser sur les centres d’intérêt des jeunes pour cristalliser l’intérêt individuel.
La valeur accordée à la lecture
Considérer la lecture comme une activité importante et utile (ex. : la lecture permet de réaliser des objectifs ou est source de plaisir).
La valeur peut être influencée par plusieurs éléments, dont les attitudes de l’entourage et de la société face à la lecture, la présence de modèles lecteur·trices et la possibilité de vivre des expériences de lecture signifiantes.
L’autonomie
Être libre de lire (ou de ne pas lire), où l’on veut, quand on veut, ce qu’on veut, sans jugement ni directives.
Ainsi, permettre aux jeunes de faire des choix en lien avec leurs centres d’intérêt et leurs préférences, autant dans la sélection du texte que dans les stratégies utilisées, renforce leur motivation à s’engager dans la lecture.
Le sentiment de compétence
Avoir confiance en ses habiletés en lecture, généralement à la suite d’expériences positives.
En ce sens, les succès vécus et les encouragements des personnes significatives contribuent à favoriser le sentiment de compétence.
L’appartenance sociale
Échanger avec des personnes significatives sur les découvertes réalisées et créer des liens positifs par l’entremise de la lecture.
Créer des occasions de discuter des lectures contribue donc à renforcer l’engagement des jeunes, surtout à l’adolescence, où les interactions sociales positives prennent davantage d’importance. Il s’agit également d’un contexte où la personne responsable de l’activité peut agir à titre de mentor.
LES MODÈLES : DES ALLIÉS FONDAMENTAUX
« Nos dirigeants doivent lire. Nous devons tous lire. Pour le bien de tous. »
— Charles Prémont, auteur, éditeur et journaliste(4)
L’importance d’exposer les enfants et les jeunes, dès leur plus jeune âge, à des modèles de lectrices et de lecteurs n’est plus à démontrer. Effectivement, le fait de voir des adultes lire et écrire au quotidien et échanger sur leurs lectures est depuis longtemps mis de l’avant par les expert·es pour prédisposer favorablement les enfants à ces pratiques, en faciliter l’apprentissage et former des lecteur·trices pour la vie.
Les parents constituent les premiers modèles en matière de lecture et offrent aux enfants leur premier accès à la littératie. Il n’est donc pas surprenant que les pratiques de lecture et d’écriture des parents influencent directement le rapport que les enfants développent à l’écrit.
À l’inverse, des difficultés en littératie chez les parents peuvent contribuer à des formes d’analphabétisme qui se transmettent d’une génération à l’autre.
En ce sens, l’enfant à qui l’on raconte des histoires et qui voit ses parents, ou des personnes significatives de son entourage, lire par plaisir est plus susceptible de développer une perception positive du livre et de l’écrit. Les élèves font d’ailleurs preuve d’une meilleure capacité à lire et à apprendre lorsque leurs parents sont engagés dans leur éducation et valorisent également la lecture.
Montrer l’exemple avec des livres

Être un modèle lecteur·trice implique de rendre la lecture visible, notamment en privilégiant les livres papier plutôt que des supports numériques, sur lesquels il est difficile pour l’enfant ou le jeune d’identifier clairement l’activité qui est pratiquée. Lorsque les jeunes sont en âge de lire par eux-mêmes, cela signifie également manifester de l’intérêt pour leurs lectures et en discuter avec eux.
Montrer que lire, c’est aussi pour les garçons5
Plusieurs travaux mettent en évidence l’importance des modèles masculins de lecture, notamment pour les garçons. En effet, l’absence de figures masculines valorisant la lecture peut contribuer à une perception négative de cette activité et à un désengagement plus marqué chez les garçons.
Des modèles publics
La présence de modèles lecteur·trices dans l’espace public contribue aussi à valoriser la lecture. Lorsque des figures publiques ou des dirigeant·es partagent leurs habitudes de lecture, ils renforcent l’idée que lire est une activité reconnue et appréciée socialement.
FAVORISER LE PLAISIR DE LIRE : UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE
La famille et la communauté | Le milieu scolaire | Les pairs | Les bibliothèques | La société
Plusieurs personnes contribuent à multiplier les activités de lecture et d’écriture qui favorisent le développement des compétences en littératie tout au long du parcours des jeunes, que ce soit la famille, l’entourage et les pairs, les milieux d’accueil de la petite enfance et le milieu scolaire, ou encore des intervenant·es dans la communauté.
Ces personnes sont parfois appelées des « acteurs de changement en matière de littératie6 » et la collaboration entre ces derniers est souvent soulignée comme étant indispensable. Certaines publications parlent également de littératie communautaire pour décrire « la capacité d’une collectivité à mobiliser une diversité d’intervenants, en un système éducatif collaboratif, autour de la personne apprenante7 ».
La famille et la communauté
Les gestes décisifs qui modèlent le rapport à la lecture sont posés avant l’entrée à l’école.
C’est donc la famille et la communauté qui déterminent le développement des pratiques de lecture entre 0 et 5 ans. Elles demeurent significatives pour susciter le plaisir de lire à toutes les étapes de la vie.
Signalons que l’apport de la communauté est d’autant plus important pour favoriser le développement de pratiques de lecture lorsque l’on considère qu’une portion importante de la société, incluant une certaine proportion de parents, présente un faible degré de littératie.
Il importe aussi de mentionner ici l’apport particulier des services de garde éducatifs à l’enfance dans l’offre d’activités qui forgeront la relation des tout-petits à la lecture et à l’écriture.
Découvrez différents gestes à la portée de la communauté autour du jeune : Promouvoir la lecture, l’affaire de tous
Le milieu scolaire
L’école joue un rôle central dans le développement de l’intérêt pour la lecture. Elle a pour mission fondamentale d’assurer l’apprentissage formel de la lecture et le développement des compétences qui y sont associées.
Elle constitue également un lieu privilégié où les jeunes bénéficient de multiples occasions de lire, y compris pour le simple plaisir. Pour plusieurs d’entre eux, notamment ceux qui n’ont pas été initiés à la lecture à la maison, la découverte du livre à l’école peut ainsi représenter une expérience inestimable.
Les pairs
Les pairs exercent une influence importante sur les pratiques de lecture des jeunes, à une période de la vie où le sentiment d’appartenance et la reconnaissance sociale sont fondamentaux.
La lecture et l’écriture deviennent alors des occasions d’entrer en relation au-delà du milieu familial, notamment par l’entremise de communautés d’échange, en ligne ou en présence. Ces activités permettent aux jeunes de partager leurs coups de cœur, de se recommander des œuvres et de valoriser la lecture et l’écriture.
Les bibliothèques
Les bibliothèques publiques jouent un rôle central dans l’accès et la démocratisation de la lecture. Elles offrent bien plus que des livres pour soutenir la littératie, avec des activités allant des clubs de lecture, aux animations jeunesse, en passant par des heures du conte, des activités interculturelles, et bien plus encore.
Dans la même perspective, d’autres organismes culturels, tels que les musées, les maisons de la culture ou les théâtres, contribuent également de façon importante à favoriser les pratiques en littératie.
La société
Le développement de la littératie ne repose pas uniquement sur les efforts individuels des acteur·trices engagés sur le terrain. L’accès à la lecture, à l’instar de celui à la santé, devrait être universel et pensé comme un enjeu porté par l’ensemble de la société.
Les activités de lecture et d’écriture doivent ainsi prendre une place centrale, non seulement à travers des politiques, mais aussi des scènes à la télévision et des interventions dans les médias (ex. : voir davantage des personnages lire des livres, augmenter la présence de chroniques sur une diversité d’œuvres littéraires, etc.).
Une étude8 sur les programmes de dons de livres a mis en évidence le succès d’une initiative dans laquelle un livre pour enfant est remis lors d’un rendez-vous en pédiatrie. En plus de parler de la santé de l’enfant, le ou la professionnel·le de la santé souligne l’importance de lire avec l’enfant afin de soutenir son développement cognitif. Les auteurs avancent que le contexte des soins de santé peut donner un poids particulier à la recommandation de commencer la lecture tôt.
QUE LISENT LES JEUNES ?

Selon les données de l’OCDE aux différents cycles de l’enquête PISA, les jeunes :
- Lisent moins pour le plaisir
- Lisent de moins en moins de livres de fiction
Les filles9
Les filles lisent généralement plus que les garçons et explorent une plus grande variété de textes, notamment plus de livres de fiction, qu’elles aiment partager et dont elles aiment discuter.
Les garçons
Les garçons, pour leur part, s’intéressent davantage aux bandes dessinées, aux textes humoristiques, à la science-fiction et au fantastique, à la non-fiction, à la science, aux rubriques sportives, etc.
Les adolescent·es
À l’adolescence, les jeunes lisent principalement pour s’évader ou s’informer, notamment sur des sujets liés à leurs centres d’intérêt ou à des projets personnels (voyage, choix de carrière), ainsi que pour répondre à des besoins affectifs et identitaires, en privilégiant des thématiques qui les concernent directement (différence, inégalités sociales, amour, violence) et des personnages auxquels ils peuvent s’identifier.
PISTES D’ACTION
À tout âge | 0-5 ans | 6-10 ans | 10-20 ans | Jeunes peu motivés à lire | Jeunes particulièrement vulnérables
À tout âge
Valoriser la lecture et susciter le plaisir de lire à tous les âges de la vie.
Des habitudes quotidiennes de lecture en famille dès le plus jeune âge, puis tout au long du parcours éducatif, en dehors du cadre strictement scolaire, favorisent la motivation autodéterminée à lire pour le plaisir et sont indissociables du développement et du maintien de compétences élevées en littératie tout au long de la vie.
- Collection équilibrée : 60 % de documentaires et 40 % de fiction
- Variété de supports : documentaires, romans, albums, bandes dessinées, périodiques, ressources audiovisuelles et numériques, jeux éducatifs, ouvrages de référence
- Diversité de styles et de thématiques répondant à des intérêts et à des besoins variés
- Pluralité d’auteur·trices, d’illustrateur·trices et de personnages diversifiés, représentant une pluralité de corps, de genres, d’origines ethniques, d’orientations sexuelles et de capacités
- Diversité linguistique et diversité de niveaux de lecture favorisant l’accessibilité de la collection
Des recommandations particulières du Collectif CLÉ pour les bibliothèques scolaires : Les bibliothèques scolaires au primaire : un service essentiel, mais fragile !
Éveil à la lecture et à l’écriture (0-5 ans)

Sensibiliser les parents à l’importance du langage, des interactions, du plaisir de lire.
- Parler à l’enfant, dès la naissance; lui chanter des comptines; lui raconter des histoires. Le langage oral est à la base de l’écrit et permet aussi d’interagir avec l’enfant même si celui-ci ne comprend pas les mots.
- Offrir à l’enfant des livres à sa portée avec des images, des textures, des couleurs vives dès sa première année de vie. Certains livres pour les tout-petits peuvent même être lus dans le bain.
- Laisser l’enfant manipuler les livres.
- Lire des histoires à son enfant le plus tôt possible et le plus souvent possible.
- Mettre quelques livres à la portée de l’enfant (achetés ou empruntés à la bibliothèque).
- Dès que l’enfant manifeste ses préférences, lui lire les histoires qu’il souhaite se faire lire.
- Animer la lecture en prenant des voix différentes pour chaque personnage ou en mimant l’action qui se déroule dans l’histoire.
- Donner l’exemple et lire devant l’enfant. Ne pas attendre qu’il soit couché pour se permettre de lire.
- Participer aux activités à la bibliothèque de quartier, dans le cadre desquelles plusieurs enfants vont écouter une histoire avec leurs parents (ex. : « l’heure du conte » ou « le conte en pyjama »). Ces activités sont offertes gratuitement et souvent chaque semaine.
L’entrée à l’école et les premières années du primaire (6-10 ans)

- Valoriser les progrès de l’enfant en lecture à l’école tout en maintenant le rapport ludique à la lecture.
- Être à l’affût des difficultés passagères et trouver des moyens de les surmonter. Consulter si les difficultés perdurent.
- Cultiver l’intérêt pour la lecture dans les périodes de loisirs : continuer à lui lire des histoires, à lui offrir des livres, à lire avec lui ou à côté de lui; l’initier à la fréquentation de la bibliothèque de quartier.
- L’aider à choisir des livres à la bibliothèque ou à la librairie, se faire aider par le·la bibliothécaire ou le·la libraire.
- L’encourager à affirmer ses goûts, à diversifier ses champs d’intérêt et à commenter ses lectures.
- Faire en sorte que les moments consacrés à la lecture ludique soient exempts de jugement (verbal ou non verbal), de règles, d’obligations ou d’objectifs autres que le seul plaisir de lire.
- Selon les possibilités, installer un minicoin lecture avec un lieu où ranger les livres, une lampe adéquate, etc.
- S’informer des activités offertes pour les jeunes de son âge à la bibliothèque de quartier et l’y accompagner.
- Encourager son autonomie en matière de lecture.
- Lire pour soi, pour son propre plaisir pendant qu’il joue dans la même pièce.
De la préadolescence à l’entrée dans la vie adulte (10-20 ans)

Ex. : sonder les jeunes sur leurs centres d’intérêt, proposer différents genres littéraires et différents supports, s’assurer que l’inclusivité est au rendez-vous, etc.
- Proposer aux jeunes des textes variés.
Ex. : romans, poèmes, bandes dessinées, documentaires, textes théâtraux, chansons, livres papier ou numériques, articles en ligne ou articles de journaux, documents de la vie quotidienne comme des recettes ou des règles de jeu, etc.
- Diversifier les activités offertes aux jeunes.
Ex. : discussion ou réflexion autour d’un texte, activités de création, activités liées à leurs intérêts personnels, défis adaptés à leurs capacités, choix libres des moyens pour atteindre les objectifs de l’activité, etc.
- Offrir aux jeunes la possibilité de faire des choix et de prendre des responsabilités.
Ex. : donner l’occasion aux jeunes de prendre des initiatives, de concevoir, de planifier et d’organiser des activités reliées à la lecture, de prendre des décisions en fonction de leurs intérêts et de leurs préférences, etc.
- Établir des liens entre la lecture et la vie personnelle des jeunes.
Ex. : explorer des sujets de lecture qui concernent les jeunes, intégrer la lecture aux autres activités des jeunes, comme dans les activités sportives, etc.
- Inviter les jeunes à s’exprimer dans le cadre d’activités de lecture.
Ex. : inviter les jeunes à donner leur opinion sur des textes lus, organiser des activités ludiques et créatives (écrire en groupe un scénario ou une pièce, écrire une chanson, jouer le rôle d’un personnage, faire un slam de poésie, etc.)
- Amener les jeunes à travailler ensemble ou à discuter à propos de textes qu’ils ont lus.
Ex. : poser des questions de réflexion aux jeunes sur le sens des textes ou le point de vue des auteurs, leur demander de se mettre dans la peau de divers personnages, les inviter à discuter à propos des lectures qu’ils ont faites, etc.
- Présenter des modèles de lecteurs·trices ou d’auteur·trices inspirants aux jeunes
Ex. : inviter un auteur ou une autrice à offrir un témoignage aux jeunes ou un jeune motivé en lecture à raconter son histoire, inviter les jeunes à former des duos de lecture avec une personne significative, etc.
- Encourager les efforts et les réussites des jeunes.
Ex. : féliciter les jeunes lorsqu’ils font des efforts, donner des conseils, etc.
Pour davantage d’idées, consultez les pages 10 et de 16 à 19 du guide Lire pour le plaisir : des actions efficaces pour motiver les jeunes de 10 à 20 ans
Avec les jeunes peu motivés à lire

Si les facteurs motivationnels personnels demeurent une piste d’action pertinente auprès des lecteurs peu engagés, les difficultés en lecture et le manque de stimulation en dehors du cadre scolaire constituent un défi supplémentaire. Les activités liées à la littératie doivent donc permettre aux jeunes peu motivés à lire de changer leur regard sur la lecture. Il devient alors crucial de :
- Déscolariser la lecture, c’est-à-dire dissocier l’activité de lecture de toutes attentes didactiques ou pédagogiques de façon que le jeune puisse lire sans crainte d’être évalué, comparé ou étiqueté.
- Les laisser exercer la plus grande liberté de choix possible, y compris celle de ne pas lire ou d’abandonner un livre qui ne leur plait pas.
- Les encourager à parler de leurs goûts et de leurs champs d’intérêt afin de mieux guider leurs choix.
- Les inciter à parler de leurs lectures avec des pairs, ce qui leur permettra de mieux connaitre leurs goûts et de partager des découvertes (ex.: créer des cercles de lectrices et de lecteurs).
- Proposer des textes ou des ouvrages avec un degré de défi adapté à leur niveau afin de développer leur confiance.
- Leur permettre de rencontrer des écrivain·es, des mentor·es, des modèles de lecteur·trices.
- Faire des liens entre des activités d’expression artistique qu’ils aiment et la lecture/l’écriture.
- Leur faire la lecture ou leur faire découvrir le livre audio.
Des pistes particulières pour les populations plus vulnérables
- Assurer un accès équitable à la bibliothèque pour l’ensemble des élèves et multiplier les occasions de remettre des livres neufs aux enfants (par exemple, par des dons de livres, des concours ou des subventions).
- Favoriser l’engagement de la famille à travers des activités ludiques et accessibles, qui permettent aux parents et aux proches d’observer et d’expérimenter des pratiques de lecture partagée (ex. : activité heure du conte).
- Diversifier les modèles de lecteur·trices en donnant à voir et à entendre des pratiques de lecture variées, tant par le personnel scolaire que par des parents ou des partenaires du milieu – lire devant les enfants et les jeunes, leur parler de ses lectures, discuter de livres qu’ils aiment, etc.
- Multiplier les échanges autour des livres, afin de rendre explicites les stratégies de compréhension et d’amener les élèves à adopter une posture active de recherche de sens lors de la lecture.
OUTILS ET DOCUMENTATION
Notre dossier thématique sur la littératie et la réussite éducative comporte de nombreuses ressources sur la lecture et l’écriture. Consultez-les ici !
Remerciement
Merci à notre expert pour sa contribution à la révision du présent dossier :
Olivier Dezutter
Professeur titulaire au département de pédagogie de l’Université de Sherbrooke
Titulaire de la chaire de recherche sur la littératie scolaire
Directeur du Collectif de recherche sur la continuité des apprentissages en lecture et écriture (Collectif CLÉ)
Pour davantage d’information sur la lecture et le présent dossier à RRM, communiquez avec :
Charline Hamon, agente de liaison et de développement
514 817-1399
chamon@reseaureussitemontreal.ca
Notes
1 – OCDE (2011), Regards sur l’éducation 2011, Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE. http://dx.doi.org/10.1787/eag-2011-fr
2 – Hélène Vachon et coll. (2009). Enquête sur les pratiques culturelles au Québec. Gouvernement du Québec
3 – « L’éveil à la lecture et à l’écriture est défini comme les acquisitions liées à la lecture et à l’écriture (connaissances, habiletés, attitudes) que l’enfant âgé de 0 à 6 ans effectue naturellement dans son milieu de vie sans enseignement formel et avant de pouvoir lire de manière conventionnelle. » (Source : Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Le plaisir de lire et d’écrire, ça commence bien avant l’école, Cahier de mise en œuvre 2003-2007, Gouvernement du Québec, 2003)
4 – Prémont, C., & Roberge, J. (2022). Le pouvoir stupéfiant de la lecture! Pédagogie collégiale, 35(2)
5 – Nous reconnaissons que les jeunes non binaires peuvent vivre des réalités particulières susceptibles d’influencer leur vécu. Toutefois, les données actuellement disponibles ne permettent pas d’analyser spécifiquement la situation de ce groupe.
6 – Dezutter, O., & Lépine, M. (2020). La littératie, une vision élargie du savoir lire-écrire. Quelles conséquences pour l’enseignement du français? Les dossiers des sciences de l’éducation, 43
7 – Mercier, J.-P., & Martel, M. D. (2021). La littératie communautaire : explorer les pratiques des acteurs institutionnels au sein des communautés éducatives. Revue de recherches en littératie médiatique multimodale, 14. https://doi.org/10.7202/1086910ar
8 – de Bondt, M., Willenberg, I. A., & Bus, A. G. (2020). Do book giveaway programs promote the home literacy environment and children’s literacy-related behavior and skills? Review of Educational Research, 90(3), 349–375. https://doi.org/10.3102/0034654320922140
9 – Nous reconnaissons que les jeunes non binaires peuvent vivre des réalités particulières susceptibles d’influencer leur vécu. Toutefois, les données actuellement disponibles ne permettent pas d’analyser spécifiquement la situation de ce groupe.
Bibliographie
Boyer, M.-C. (2009). La lecture et l’écriture chez les garçons… de A à Z. Gouvernement du Québec.
Carignan, I., et coll. (2022). Des modèles masculins pour développer l’envie de lire chez les garçons. The Conversation.
Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ). (2017). Lire pour le plaisir! Des actions efficaces pour motiver les jeunes de 10 à 20 ans. CTREQ.
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de Bondt, M., Willenberg, I. A., & Bus, A. G. (2020). Do book giveaway programs promote the home literacy environment and children’s literacy-related behavior and skills? Review of Educational Research, 90(3), 349–375. https://doi.org/10.3102/0034654320922140
Dezutter, O., Dubois, C., & Campeau, M. (2026). Les bibliothèques scolaires au primaire : un service essentiel, mais fragile ! Repéré sur le site du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec : https://www.ctreq.qc.ca/ressources/les-bibliotheques-scolaires-au-primaire-un-service-essentiel-mais-fragile/
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Langlois, P. (2025). PEICA Canada 2022 : Analyse des nouvelles données publiques pour le Québec. Fondation pour l’alphabétisation.
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Mercier, J.-P., & Martel, M. D. (2021). La littératie communautaire : explorer les pratiques des acteurs institutionnels au sein des communautés éducatives. Revue de recherches en littératie médiatique multimodale, 14. https://doi.org/10.7202/1086910ar
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